Edito

L'enseignement supérieur connaît depuis quelques années une formidable période d’opportunités, où alliances entre établissements et structuration profonde des pratiques semblent parfois s’imposer aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Il ne serait pas possible de créer les conditions de cette évolution, si l'on voulait, indépendamment des mécanismes historiques, activer artificiellement la créativité que génère le contexte actuel.  
Depuis quelques années, les établissements sont traversés par deux grands mouvements, l'un affectant l'autre dans sa destinée :

1. un mouvement d'agrégation-croissance; 
2. un mouvement d'activation-digitalisation des pratiques.  

Le premier correspond à ce que nous observons, parfois, comme rapprochements, fusions, ou encore absorptions, et parfois, comme duplications de sites accompagnées d’une recherche de diversification plus ou moins prononcée. Avec ou sans économies d’échelle, la conduite des grands ensembles n’est pas une mince affaire. Les établissements d'enseignement supérieur se voient alors engagés dans une expérimentation de modèles de gouvernance. Car, dans l’agrégation-croissance, s’il faut réussir le maillage territorial, il faut aussi assurer l'ancrage local dans des politiques de site institutionnelles. L’objectif majeur dépend des intentions propres, mais l’essentiel reste dans la pérennité de la taille acquise, la cohérence, l'ouverture et la visibilité auprès des autres établissements, auprès des institutionnels et surtout auprès des étudiants.  
En interne, les acteurs réalisent qu'il n'y pas dans le temps d'autosimilarité de fonctionnement viable, au-delà des tailles critiques successives. Le seuil critique renvoie inévitablement vers des ruptures dans la vision et l’exercice du management des processus, entre le local et le global d’un ensemble agrégé. Il faut bien dire, cependant, que ce mouvement d'agrégation-croissance n'est pas toujours marqué initialement par les ruptures nécessaires et spécifiques au développement de l’établissement... lire la suite

SK
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