Apprendre, c'est bien.
Oublier peut être mieux !
Trop tard pour ceux qui croient que "c'était mieux avant".

Trop tard pour "les disciplinaires", les encyclopédistes... 

Les dernières recherches montrent que le cerveau n'est pas plus performant (pour l'individu) quand il sait, mais quand il s'adapte. s'adapter est sa fonction.
Et par ailleurs, le digital environnant tire de plus en plus sa consistance dans l'intelligent, et va imposer inéluctablement de nouveaux modes d'apprentissage.

L'inteligence artificielle et notre connaissance actuelle sur le cerveau humain interogent les acteurs du monde éducatif sur les objectifs et les modes d'enseignement.

Le gouvernement Français cherche à rattrapper, à créer des priorités et des stratégies :

D'une part, le rapport de Cedric Villani sur l’intelligence artificielle sera dévoilé dans quelques semaines et, pour le gouvernement, il sera le socle de sa réflexion stratégique. D’autre part, les sciences cognitives orientent désormais le Conseil scientifique de l'Éducation nationale, installé depuis quelques jours sous la présidence de Stanislas Dehaene.  

Ainsi, le gouvernement semble parier sur l’intelligence artificielle et les sciences cognitives, pour des changements profonds et durables de la société. L’enjeu évident : l’éducation - au sens large-, l’emploi et l’innovation technologique, dans la société de demain où l’artificiel et le biologique vont cohabiter dans des modes organisationnels à faire émerger.  

Que les questions sur le cognitif et l’IA soient bien posées ou non, c’est la prise en compte de cette dimension qu’il faut, dans un premier temps considérer. Car il s’agit bien de domaines encore ouverts, y compris dans leurs fondements, mais qui engagent déjà des transformations historiques. L’évolution des idées et leur expérimentation fera bien apparaître les questions pertinentes et cohérentes à résoudre, et toutes les autres à dissoudre. 

L’enjeu est grand pour l’intelligence artificielle. Et personne ne songera à barricader la France, ou encore l’Europe, contre les avancées coréennes ou japonaises qui se développent tout naturellement sur un terrain peuplé d’autres intelligences et esprits animant toutes les matières depuis la nuit des temps. Nous devrions plutôt agir pour nous doter d’une vision informée et éclairée sur l’intelligence artificielle.
 
L’intelligence artificielle est plurielle. L’on peut citer au moins la verticale et la transversale. La première voit le monde de façon déterministe, très binaire en somme ; elle pourrait tenter de reconfigurer l’homme à son image. La seconde évolue et s’enrichit dans son interaction avec l’homme ; elle laisse penser que, en plus des organisations, chaque individu pourrait avoir son intelligence artificielle. Ce qui change tout : apprentissage, travail… 

L’enjeu est encore plus grand pour les sciences cognitives
. D’abord, parce que l’éducation ne pourrait pas se détourner de l’objectif d’une cohabitation structurelle avec l’intelligence artificielle. Et puis, il y a la nouvelle compréhension du cerveau humain et ses conséquences sur les modes d’apprentissage.  

En effet, aux yeux des chercheurs, le cerveau semble de plus en plus avoir l’adaptation comme l’une des fonctions essentielles. A l’opposé de ce que suppose fondamentalement l’enseignement classique dans « éduquer », « savoir », « prendre les bonnes habitudes », etc., le cerveau semble inscrire l’oubli, l’échec et l’erreur dans son fonctionnement le plus normal. Dans l’adaptation à son environnement, le cerveau engage du désapprentissage pour faire émerger de nouvelles connexions. Il n’assume pas seulement l’échec, il réorganise des états de connexions devant l’échec. L’erreur fait explorer au cerveau l’inconnu dans l’espace des connexions. 

Notre rapport à la connaissance, à la formation et à l’action va bien vivre un changement de nature. 
. AA-analytics

Références

Nanoconnectomic upper bound on the variability of synaptic plasticity.
 

Rapid and continuous activity-dependent plasticity of olfactory sensory input.

The Persistence and Transience of Memory.